Nous avons reçu un message très sympa qui titille notre grand regret et nos contradictions. Certes le terrain ne voit pas la chaîne des Pyrénées, certes la mer n'est pas à 2 km, certes nous ne sommes pas à 10 minutes de bus du centre ville de Rennes...
Notre grand regret : pourquoi construire une seule maison sur un aussi grand terrain ? Il se dit que nous perdons un département de terre agricole tous les dix ans, avec une période noire entre 2003 et 2008.
Nous n'avons trouvé que peu d'alternatives à la maison individuelle plantée au milieu d'un terrain.
D'abord parce que le prix sont devenus complètement délirants : qu'il s'agisse d'une maison des années 50 à rénover, d'un petit terrain proche d'une grande ville, d'une ruine avec un peu de terrain. Le ticket d'entrée reste élevé : 200000 Euros avant les frais de rénovation ou de construction !
Aujourd'hui celui qui veut une maison est repoussé loin des centres humains et des réseaux de transport, donc proche des terres agricoles. Il vaut aujourd'hui encore mieux acheter un terrain et autoconstruire... même si le prix de la maison sera inférieur à celui du terrain.
Et l'habitat collectif ? comme en Allemagne, aux Pays Bas, notamment à Freiburg ?
En fait j'aurais aimé construire une grande maison : la même en plus long avec 4 maisons pour 4 familles de 100m2 les unes à côté des autres, un espace commun pour la machine à laver, un appartement pour accueillir les amis et la famille de passage. Maisons qui regardent bien sûr le midi, pourquoi se priver de la chaleur du soleil ? Un espace privé devant sur la terrasse et le partage du terrain entre assainissement autonome, un espace de jeux pour les enfants, un verger collectif et plein de jardins à usage privé.
Je recommande la lecture de "Passerelle Eco" qui rassemble les expériences collectives en France.
Mais pratiquement avec qui partager ce projet ? Qui est prêt à se lancer dans l'auto-construction ? Au même moment ? Comment partager les risques économiques et humains ? Le constat est que beaucoup de projets restent à l'état de chartes et peu aboutissent. Les exceptions : des écovillages dans des coins de campagne perdue, parfois avec une démarche radicale, ou Bazouges sous Hédé. Les deux représentant aujourd'hui
- soit un prix au m2 très, très faible mais en dehors de réseau de transport
- soit au contraire un prix qui a grimpé, grimpé et que peu peuvent désormais s'offrir.
Aujourd'hui mon sentiment est qu'il est difficile de réaliser ces projets à plusieurs, sans doute le fruit n'est-il pas vraiment mûr. Nous avons donc lancé le projet en l'état. Hélas. En nous consolant en nous disant que nous produirons une grande partie de nos besoins alimentaires directement sur le terrain.
Je crois aussi après notre recherche de terrain que leurs prix ne baisseront pas, la rareté fera son effet. Je crois donc que les plus jeunes n'auront pas le choix ! Nous faisons un premier pas, avec une maison propre et simple dans sa conception et ses consommations au quotidien, mais encore dans le sillage du rêve de la maison individuelle des années 60-80. A eux de faire le pas suivant, ils feront mieux que nous.
L'aventure de la construction de notre maison paille, technique GREB en Bretagne (35)
dimanche 17 octobre 2010
Première journée sur le terrain
Il est tard ce soir... après un bel après-midi sur le terrain. Cette première demi-journée de travail est la première sans doute de beaucoup d'autres !
Débroussaillage, tronçonnage des branches mortes ou qui dépassent avec mon père, les ronces ont laissé quelques souvenirs sur ma peau de novice... mais le jeu en valait la chandelle, nous avons nettoyé la moitié de la partie ouest du terrain.
Débroussaillage, tronçonnage des branches mortes ou qui dépassent avec mon père, les ronces ont laissé quelques souvenirs sur ma peau de novice... mais le jeu en valait la chandelle, nous avons nettoyé la moitié de la partie ouest du terrain.
samedi 16 octobre 2010
Vous cherchez à vous former à la pose de l'ardoise ?
Je vous laisse ce message empreint d'enthousiasme de retour après deux belles journées sur le chantier de Rigel en Maine et Loire. J'y ai posé pour la première fois des ardoises (crochets et clous), j'y ai vu la pose de chatières.
N'hésitez pas à passer sur son chantier ! Belle maison, chantier propre et Rigel n'hésite pas à passer du temps à expliquer un point technique.
Son blog : http://chezrigel.over-blog.com/
N'hésitez pas à passer sur son chantier ! Belle maison, chantier propre et Rigel n'hésite pas à passer du temps à expliquer un point technique.
Son blog : http://chezrigel.over-blog.com/
dimanche 10 octobre 2010
Le terrain
La surface est d'environ 7500 m2 en campagne. A 400 m du bourg de Dingé et en limite constructible. En pièce jointe la copie de la vue du terrain pour le PC. Le terrain dont la forme est une langue tirée vers le SO est pris sur deux parcelles.
La maison sera au centre d'un carré de 36 - 38 m de côté, le dispositif d'assainissement le long de la haie au SO, l'entrée au nord avec deux places de parking.
Quelques images du terrain lui-même, un jour de gris.
La vue de la pièce principale :
Le terrain est en légère pente vers le sud et nous sommes protégés par une grande haie de thuyas comme le montre la photo suivante, prise du bas du terrain.
La maison sera au centre d'un carré de 36 - 38 m de côté, le dispositif d'assainissement le long de la haie au SO, l'entrée au nord avec deux places de parking.
Quelques images du terrain lui-même, un jour de gris.
La vue de la pièce principale :
Le terrain est en légère pente vers le sud et nous sommes protégés par une grande haie de thuyas comme le montre la photo suivante, prise du bas du terrain.
Quelques beaux arbres, des chênes, des châtaigniers, des érables nains.
Il reste à mettre le terrain en herbe et nettoyer les haies avant que les ronces ne dépassent les 3 mètres.
jeudi 7 octobre 2010
La masse thermique
Ou équilibre isolation - masse. Je vous laisse ci-après ma compréhension des équilibres, à vous de vous faire votre avis. La pratique dans 2 ans dira si nous avions raison !
Première chose : le flux de chaleur se fait du plus chaud vers le plus froid. En fait on ne fabrique pas du froid dans ce genre de maisons, on a de la masse qui absorbe des calories.
La masse thermique est caractérisée par la capacité calorifique spécifique, exprimée en W/(m3.K) : c'est la capacité d'un matériau à stocker de la chaleur.C'est la quantité de calories qu'il faut apporter à un corps d'un m3 pour que sa température s'élève d'un degré. Certains l'expriment aussi en W/ (kg.K), l'idée est la même.
Imaginons deux cas extrêmes : une maison toute en isolation et une maison toute en masse.
Une maison toute en bois, sans murs ou dalles en béton ou en terre. La cabane au fond des bois canadiens.
Imaginons un temps d'hiver de là-bas, il fait froid, -20°C, et le poële fonctionne. Nous n'avons pas de masse pour absorber le flux de calories donc la température monte, monte. Si on ouvre la porte l'air chauffé sort et il fait instantanément -20°C dans la maison. On referme la porte, le poële fonctionne et la température remonte très vite.
C'est une maison qu'il est difficile d'apprivoiser sans système intelligent et de contrôle de température qui fonctionne quasi en permanence. Sans ce système il est préférable d'avoir une cheminée peu performante avec une maison moyennement isolée : l'apport de la cheminée est compensé par les pertes. L'été il y fait chaud. C'est le genre de maisons où le poële de masse est un vrai régal !
Une maison toute en terre (avec ou sans pierres). C'est la maison idéale pour le printemps et l'automne.
La terre accumule les calories durant l'été. Arrive l'automne, elle commence à les restituer, la température et la chaleur sont agréables... mais au bout de quelques semaines la maison voit sa température descendre et descendre... les murs radient du froid et la masion est peu agréable en plein hiver. Les habitants vivent la désagréable sensation de sandwich thermique : les murs radient du froid et le poële chauffe.
Arrive le début d'été et les températures remontent. Les murs encore froids apportent de la fraîcheur... là c'est un vrai bonheur. Mais les murs se réchauffent et il fait chaud à l'intérieur de la maison en fin d'été !
Une grande partie de l'humanité vit dans ce genre de maison : pisé, murs en terre... Voir le livre passionnant d'Ianto Evans.
Rajoutons une dernière caractéristique thermique : la capacité et la vitesse qu'a la surface d'un matériau à se mettre à la température de l'air ambiant. Exemple : un mur en ciment radie du froid quand un mur avec un enduit à base de chaux et de chanvre est dit "chaud"; chaud chaux.
Or on dit que la température perçue est la moyenne entre la température de l'air et la température des surfaces.
D'où les choix des pailleux :
Première chose : le flux de chaleur se fait du plus chaud vers le plus froid. En fait on ne fabrique pas du froid dans ce genre de maisons, on a de la masse qui absorbe des calories.
La masse thermique est caractérisée par la capacité calorifique spécifique, exprimée en W/(m3.K) : c'est la capacité d'un matériau à stocker de la chaleur.C'est la quantité de calories qu'il faut apporter à un corps d'un m3 pour que sa température s'élève d'un degré. Certains l'expriment aussi en W/ (kg.K), l'idée est la même.
Imaginons deux cas extrêmes : une maison toute en isolation et une maison toute en masse.
Une maison toute en bois, sans murs ou dalles en béton ou en terre. La cabane au fond des bois canadiens.
Imaginons un temps d'hiver de là-bas, il fait froid, -20°C, et le poële fonctionne. Nous n'avons pas de masse pour absorber le flux de calories donc la température monte, monte. Si on ouvre la porte l'air chauffé sort et il fait instantanément -20°C dans la maison. On referme la porte, le poële fonctionne et la température remonte très vite.
C'est une maison qu'il est difficile d'apprivoiser sans système intelligent et de contrôle de température qui fonctionne quasi en permanence. Sans ce système il est préférable d'avoir une cheminée peu performante avec une maison moyennement isolée : l'apport de la cheminée est compensé par les pertes. L'été il y fait chaud. C'est le genre de maisons où le poële de masse est un vrai régal !
Une maison toute en terre (avec ou sans pierres). C'est la maison idéale pour le printemps et l'automne.
La terre accumule les calories durant l'été. Arrive l'automne, elle commence à les restituer, la température et la chaleur sont agréables... mais au bout de quelques semaines la maison voit sa température descendre et descendre... les murs radient du froid et la masion est peu agréable en plein hiver. Les habitants vivent la désagréable sensation de sandwich thermique : les murs radient du froid et le poële chauffe.
Arrive le début d'été et les températures remontent. Les murs encore froids apportent de la fraîcheur... là c'est un vrai bonheur. Mais les murs se réchauffent et il fait chaud à l'intérieur de la maison en fin d'été !
Une grande partie de l'humanité vit dans ce genre de maison : pisé, murs en terre... Voir le livre passionnant d'Ianto Evans.
Rajoutons une dernière caractéristique thermique : la capacité et la vitesse qu'a la surface d'un matériau à se mettre à la température de l'air ambiant. Exemple : un mur en ciment radie du froid quand un mur avec un enduit à base de chaux et de chanvre est dit "chaud"; chaud chaux.
Or on dit que la température perçue est la moyenne entre la température de l'air et la température des surfaces.
D'où les choix des pailleux :
- isolation en extérieur : on évite les enduits à base de ciment (au delà du fait qu'il ne respire pas et entraîne des problèmes d'humidité et nécessite une VMC pour évacuer la vapeur d'eau), on évite d'envelopper la maison d'une gangue de froid
- masse thermique en intérieur :
- petites masses (murs trombe par exemple) dont le décalage de phase est faible (10-12 h). Elles servent à restituer la nuit la chaleur retenue durant la journée (flambée, soleil).
- grandes masses : dalles, murs intérieurs (RDC). Elles servent sur une plus longue période et ont des décalages de phases de plusieurs semaines.
- surfaces chaudes : exemple enduits chaux-chanvre
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