vendredi 31 décembre 2010

L'or brun ?

Comment ne pas tomber dans le piège du prosélytisme ? Belle question je crois que l'on se pose à l'occasion d'une expérience qui contient les germes d'un changement jugé positif.
Il y a peu que j'ai entendu parler des toilettes à litière bio-maîtrisée (TLB), ou toilettes sèches. Quelques années seulement. A la suite de visites, de chantiers participatifs et sans oublier la lecture de travaux de Josef Orszag (eautarcie.com). Je m'étais alors promis de les installer dès que j'aurais de la place pour le compost. Ce fut chose faite avec le grand jardin de la maison de Saumur en avril cette année.


La mise en place des toilettes sèches fut d'abord pour nous un acte éthique.
A la base un constat simple : pourquoi donc utiliser de l'eau propre pour les toilettes ? Un Français consomme en moyenne autour de 120 litres par jour, dont un tiers pour le fameux flush. Flush, hors de ma vue, vite oublié. A un autre de gérer !

Par ailleurs se pose aussi la question de l'or brun. Je cite "eautarcie" : " La loi de base : chaque kilogramme de biomasse végétale et animale qu’on ne réintroduit pas d’une manière conjointe dans le processus de formation des sols, affaiblit la capacité de production de l’écosystème et devient une menace de pollution des eaux et/ou de l’air. Il en résulte toujours une perturbation des grands cycles naturels comme celui de l’azote, du phosphore du carbone et aussi de l’eau".
Le lien :  http://www.eautarcie.com/Eautarcie/5.Toilettes_seches/A.Utiliser_une_toilette_seche.htm
En effet sans réintroduction de matière organique et végétale il convient d'ajouter notamment les éléments N et P, et le cycle de la chimie démarre. Ajout de dérivés du pétrole et autres phosphates extraits de mines dont les réserves diminuent.
Je ne suis pas un spécialiste du domaine agricole mais ce principe s'y applique également. La séparation des activités d'élevage et de production céréalière, c'est aussi la séparation de la production de matière enrichissante des sols et de son utilisation.

Au delà de l'acte "idéologique" l'expérience  nous montre que c'est finalement aussi très simple. C'est propre, les contraintes au quotidien restent très limitées. Le compost se met en route très facilement. Quelques réflexions et autres éléments auxquels nous avons fait attention :

- c'es finalement une petite boîte (42 cm de large) fabriquée en 2 heures et qui se pose facilement partout. Dans un WC ( ! ), dans un placard, dans une buanderie.
- c'est devenu un meuble déménagé comme les autres quand nous avons rejoint Combourg
- la sciure de bois c'est finalement très agréable au quotidien
- mettre du fagot sous le tas de compost pour le faire respirer
- ajouter de la paille au compost pour que le mélange (paille / contenu toilettes / déchets cuisine) ne devienne pas trop "gras"
- faire un toit sur le tas de compost pour éviter la pollution par les eaux de ruissellement
- ajouter un peu d'eau l'été quand le mélange du compost se fait sec
L'été il suffit de trois mois pour avoir un compost noir et frais. Nous ne prévoyons cependant pas de l'utiliser avant deux ans, et pas dans le jardin.
La barrière psychologique tombe facilement à l'usage.

Aspect financier. Sans doute l'eau n'est-elle pas encore assez chère pour que ces questions se posent; l'impact financier est limité. Si nous faisons l'hypothèse d'une consommation de 40 litres par jour et par personne dans les toilettes et d'un m3 à 5,4 E (tarifs Combourg) le gain est de 22 cE par jour. Soit 78 Euros par an et par personne.


Quelques réflexions pour méditer :
- pourquoi ne pas mettre en place un tarif de l'eau à 2 étages : un tarif bas pour les besoins basiques et les premiers 70 litres journaliers, puis un tarif élevé (*10 ?) au-delà ?
- pourquoi ne pas se poser la question des toilettes sèches dès que l'on a un jardin de plus 100 m2 ?

lundi 27 décembre 2010

Bornage d'un terrain.... suite

Je vous laisse en ce matin de retour à la  vie normale un petit mot sur le bornage d'un terrain. Et pour conseiller l'achat d'un terrain déjà borné ! Même si je dois reconnaître que le bornage tardif du terrain nous a permis en concertation avec l'actuel propriétaire et futur voisin d'en reconfigurer les contours; le retard de démarrage nous offre un terrain beaucoup mieux orienté et plus large sur le haut là où nous posons la maison..
Il faut savoir que l'impact de ces dossiers administratifs peut être  majeur : le délai de recours au tiers est échu depuis le 4 décembre et nous ne commencerons pas les travaux avant le 15 janvier. Sachant que je veux mettre la maison "hors d'eau-hors d'air" en octobre 2011 pour assurer le séchage de la paille nous avons d'ores et déjà perdu notre marge de sécurité.

Je sais également que les terrains deviennent denrées rares et que parfois il convient de se conformer à la dure réalité du marché.

Bref quand on achète un terrain non borné on doit accepter quelques éléments pouvant impacter son planning:

- délai commande - venue du géomètre = 1 m
- rédaction du rapport de géomètre = 15 j
- envoi aux différentes parties ( ex propriétaires et futurs acquéreurs, voisins évebtuels) pour signature
- envoi au services du cadastre. Délai  : en général 15 j

Mais la complication ne s'arrête pas là : en cas de division de  parcelles il faut désormais refaire une demande préalable auprès de la mairie et de la DDE, ici pour un permis de construire déjà instruit et accepté en septembre. Kafka.
Et en 7 exemplaires SVP ! Avec un délai de réponse d'un mois.

Alors ensuite la vente définitive peut se faire. Ouf, fin du premier marathon.

vendredi 17 décembre 2010

FONDATIONS

Nous avons choisi la solution suivante :
- béton (le plus classique, à 90 Euros HT le m3). Prix 2011 après une belle augmentation de plus de 4%
- semelle 50*30 avec un chaînage S45 (pièce métallique qui assure la tenue mécanique) + équerres de liaison + chapeaux de rives pour les reprises de charge
- 2 rangs de parpaings. 2 de parpaings classiques + 1 de parpaings en U (bloc éclair) avec chaînage triangulaire
- mélange chaux liège entre les deux rangs de parpaings
- radier : 2 couches de graviers 40/80 et 20/40 ou 10/20; attention le gravier doit être lavé pour éviter les remontées capillaires
Certains préfèrent utiliser de la pouzzolane
- dalle de 7 cm de chaux - chanvre
- dalle de 7 cm de chaux - sable
- liège entre la dalle flottante et le rang de parpaings intérieur
La fonction du chaux chanvre est d'apporter de l'isolation. Sachant que le double rang et la semelle en profondeur permettent d'éloigner les dalles de la couche de terre qui peut geler en surface. On estime en général qu'à un mètre la température fluctue peu : 8-12 °C.
La fonction de la dalle chaux-sable est d'apporter de la masse thermique qui sera complétée par des murs intérieurs en terre.

Attention : en cas de sol hétérogène (exemple : pierre d'un côté, argile instable de l'autre) il est recommandé d'utiliser des chaînages à section carrée.

J'ai eu la chance d'être accueilli sur plusieurs chantiers, dont ceux de FX en Vendée et Rigel près d'Angers.
Je ne mets pas ici de schéma coupe du système retenu. Rigel et FX l'ont très bien fait :
http://paille.martinet85.over-blog.net/categorie-10714736.html
http://chezrigel.over-blog.com/10-index.html
Note pour les futurs auto-constructeurs : ces deux liens donnent des explications très fournies avec de  nombreuses photos...


Je recommande à ceux dont le budget est serré de faire appel à un entrepreneur terrassier qui facture sa prestation à l'heure et de se débrouiller pour les commandes de béton, de pierre auprès d'une carrière et du matériel auprès d'un grossiste (buses, chaînage, gaines bleues, vertes et rouges, tuyaux eaux usées...).

Je ferai un compte rendu avec des photos pour ceux qui veulent se lancer.

jeudi 9 décembre 2010

PLANNING

Le terrain a enfin été borné vendredi dernier. Sous la neige. Le compte à rebours commence enfin.

Certes, certes le compromis de vente est signé, le permis de construire déposé en mairie, le permis accepté, le délai de recours au tiers échu... mais le bornage a un peu traîné. Et nous ne pouvons pas démarrer les travaux.

Compte à rebours :
- écriture puis envoi du compte rendu du géomètre (prévu en fin de semaine)
- renvoi du document signé par toutes les parties (un voisin agriculteur, le propriétaire actuel et les propriétaires futurs, nous)
- envoi au service du cadastre (délai 2 - 3 semaines)
- conclusion de la vente définitive
Si tout va bien nous serons ne mesure de démarrer les fondations la première semaine de janvier. Sachant que le béton ne prend pas par faible température nous attendrons la bonne fenêtre météo.

Voilà... en quelques mots une leçon pour prendre un bon mois de retard !

jeudi 2 décembre 2010

2 décembre, jour spécial

Le 2 décembre c'est d'abord la fin du recours au tiers. Nous pouvons donc démarrer notre construction... Sauf que le terrain ne sera borné que demain. Nous ne sommes toujours pas officiellement propriétaires du terrain en attendant le bornage nécessaire à l'enregistrement au cadastre ainsi que la vente définitive.

Nous repoussons le creusement des fouilles au début janvier. Je poserai les chaises courant décembre et ferai les préparations. Nous attendrons alors une fenêtre de températures et temps corrects pour creuser les fouilles un matin et couler la semelle l'après-midi.



C'est aussi un jour spécial. Sur le chemin je me suis crû sur un plateau dans le Jura... la neige tombée la nuit recouvrait encore la route, les arbres restaient chargés de blanc. Étrange de voir les vaches écarter du museau la gêne blanche pour accéder à l'herbe.



Avant d'arriver sur le terrain. Tout blanc.