Comment ne pas tomber dans le piège du prosélytisme ? Belle question je crois que l'on se pose à l'occasion d'une expérience qui contient les germes d'un changement jugé positif.
Il y a peu que j'ai entendu parler des toilettes à litière bio-maîtrisée (TLB), ou toilettes sèches. Quelques années seulement. A la suite de visites, de chantiers participatifs et sans oublier la lecture de travaux de Josef Orszag (eautarcie.com). Je m'étais alors promis de les installer dès que j'aurais de la place pour le compost. Ce fut chose faite avec le grand jardin de la maison de Saumur en avril cette année.
La mise en place des toilettes sèches fut d'abord pour nous un acte éthique.
A la base un constat simple : pourquoi donc utiliser de l'eau propre pour les toilettes ? Un Français consomme en moyenne autour de 120 litres par jour, dont un tiers pour le fameux flush. Flush, hors de ma vue, vite oublié. A un autre de gérer !
Par ailleurs se pose aussi la question de l'or brun. Je cite "eautarcie" : " La loi de base : chaque kilogramme de biomasse végétale et animale qu’on ne réintroduit pas d’une manière conjointe dans le processus de formation des sols, affaiblit la capacité de production de l’écosystème et devient une menace de pollution des eaux et/ou de l’air. Il en résulte toujours une perturbation des grands cycles naturels comme celui de l’azote, du phosphore du carbone et aussi de l’eau".
Le lien : http://www.eautarcie.com/Eautarcie/5.Toilettes_seches/A.Utiliser_une_toilette_seche.htm
En effet sans réintroduction de matière organique et végétale il convient d'ajouter notamment les éléments N et P, et le cycle de la chimie démarre. Ajout de dérivés du pétrole et autres phosphates extraits de mines dont les réserves diminuent.
Je ne suis pas un spécialiste du domaine agricole mais ce principe s'y applique également. La séparation des activités d'élevage et de production céréalière, c'est aussi la séparation de la production de matière enrichissante des sols et de son utilisation.
Au delà de l'acte "idéologique" l'expérience nous montre que c'est finalement aussi très simple. C'est propre, les contraintes au quotidien restent très limitées. Le compost se met en route très facilement. Quelques réflexions et autres éléments auxquels nous avons fait attention :
- c'es finalement une petite boîte (42 cm de large) fabriquée en 2 heures et qui se pose facilement partout. Dans un WC ( ! ), dans un placard, dans une buanderie.
- c'est devenu un meuble déménagé comme les autres quand nous avons rejoint Combourg
- la sciure de bois c'est finalement très agréable au quotidien
- mettre du fagot sous le tas de compost pour le faire respirer
- ajouter de la paille au compost pour que le mélange (paille / contenu toilettes / déchets cuisine) ne devienne pas trop "gras"
- faire un toit sur le tas de compost pour éviter la pollution par les eaux de ruissellement
- ajouter un peu d'eau l'été quand le mélange du compost se fait sec
L'été il suffit de trois mois pour avoir un compost noir et frais. Nous ne prévoyons cependant pas de l'utiliser avant deux ans, et pas dans le jardin.
La barrière psychologique tombe facilement à l'usage.
Aspect financier. Sans doute l'eau n'est-elle pas encore assez chère pour que ces questions se posent; l'impact financier est limité. Si nous faisons l'hypothèse d'une consommation de 40 litres par jour et par personne dans les toilettes et d'un m3 à 5,4 E (tarifs Combourg) le gain est de 22 cE par jour. Soit 78 Euros par an et par personne.
Quelques réflexions pour méditer :
- pourquoi ne pas mettre en place un tarif de l'eau à 2 étages : un tarif bas pour les besoins basiques et les premiers 70 litres journaliers, puis un tarif élevé (*10 ?) au-delà ?
- pourquoi ne pas se poser la question des toilettes sèches dès que l'on a un jardin de plus 100 m2 ?
Salut Benoit,
RépondreSupprimerMeilleurs vœux pour cette nouvelle année qui démarre, et plein de courage pour ta construction qui devrait bientôt démarrer...
De retour d'une semaine de vacances dans les Alpes, j'ai lu avec grand intérêt et plaisir ton dernier article sur "L'or brun". J'espère enfin, avec tes précieux conseils, réussir un compost digne de ce nom cette année, c'est une de mes résolutions!
A+, bye
Rigel.
Salut à toi
RépondreSupprimerMerci pour ton message, je te souhaite également, à toi et ta famille une belle année ainsi qu'une bonne fin de construction.
Je ne doute guère de la réussite du compost, je crois avoir vu beaucoup plus compliqué sur ton chantier.
A bientôt,
Benoît