mercredi 14 septembre 2011

Retour expérience paille

Quelques réflexions en cette fin de coulage...

- sciure utilisée : châtaignier / gros copeaux (3-4 mm de longueur) avec des fines. Pas de souci ni en ce qui concerne la taille des copeaux ni avec les tanins. Le mortier prend une couleur "aubergine" au coulage puis un gris clair après 2 semaines. Je mettrai une photo dans l'espace "photos" avec les évolutions de teinte.

- ciment / chaux. J'ai profité d'une promo fin juillet avec des produits basiques (pas le fameux "classic"). Pas de problème.

- tâche colossale. Environ 4-5 h de travail / m2 en moyenne, surtout quand il y a plus de 10 personnes sur le chantier. Plus proche de 3 h quand on est bien entraîné. A la fin !
Le GREB reste selon moi idéal pour de petites maisons, il ne faut cependant pas négliger l'énorme travail de remplissage de murs dans la préparation du projet. Si vous devez faire aussi grand que nous vous devez anticiper au moins 200-250 jours.homme de travail.
Attention aux chutes de moral : la plus grosse journée nous a vu couler seulement un peu plus de 15 m2. C'est peu pour le gros effort de tous !
- tâche répétitive mais plutôt agréable, on voit les murs monter et c'est une période où nous avons (re)vu énormément de proches.

- c'est LE moment pour accueillir du monde sur le chantier, il n'est guère besoin de compétences particulières, sinon du soin. Je trouve plus difficile de le faire durant les phases ossature ou charpente. Nous avons accueilli tous les jours autour de 8-10 personnes en moyenne. Je renouvelle mon message maintes fois dit : MERCI à tous !

- prévoir une personne pour les repas de manière à pouvoir se concentrer uniquement sur les murs. Merci à ma mère pour les 268 repas !

- contrainte de la paille : la protéger de l'humidité pour les mauvais jours, notamment de la pluie qui ne doit pas la mouiller par dessus. L'expérience dit que la paille sèche beaucoup moins  bien après le 30 septembre.
-> j'ai préféré ne pas mettre de paille en isolation sous rampants. En effet le faire implique de ne pas pouvoir mettre de pare pluie avant la fin des murs, car on insère la paille entre les chevrons en I par le haut. J'ai préféré choisir le chanvre ou la ouate en sous-toiture, nous avons donc pu mettre un pare pluie rigide (fibres de bois) dès la fin de la charpente. Et psychologiquement c'est un vrai confort, nous étions à l'abri ! N'avons nous presque pas dû bâcher (pas plus de 2 heures passées au total à cette tâche)
-> si possible acheter la paille l'année d'avant de façon à pouvoir entamer la mise en place des ballots au printemps (si le PP protège le chantier)
-> possibilité de couler uniquement l'extérieur pour aller vite et fermer la maison. Le coulage se fait sans souci avec un déversoir à l'intérieur.

- autres idées techniques
 -> faire des colonnes d'appui (en dehors des angles) à la dimension de la botte de manière à y insérer verticalement une botte entière (soit en dévissant les montants de devant / soit en insérant les bottes par le haut avant, le cas échéant, le montage du second niveau)
-> mettre au maximum le même écart entre montants pour la facilité de gestion des banches
-> ne pas hésiter à couler le mortier très liquide
-> l'aiguille vibrante ne remplace pas l'usage du bâton et du maillet mais apporte un vrai plus pour uniformiser le mortier dans son logement
-> recette utilisée : 1 bétonnière = 4,5 seaux de sciure / 3 sable / 1 ciment / 1 chaux NHL 3,5. J'ai aussi testé 5 seaux de sciure, pas de souci au décoffrage
-> j'utilise une brouette, je ne vois pas trop d'intérêt à construire le déversoir parfois vu dans les stages GREB
-> intérêt de faire dépasser les solives en cas de 2nd niveau. Pour avoir un espace sécurisé en hauteur mais aussi pour monter les seaux de mortier avec un treuil.

- idée à tester : le plus gros du travail reste la préparation des murs, pas le coulage. Pourquoi ne pas couler des banches de 15 cm de hauteur sans préparer la botte et couper les brins qui dépassent ?

- dernière réflexion en lien avec la conférence de JM Jancovici. Nous avons utilisé autour de 20-30 litres d'essence pour la bétonnière.
Sachant qu'un sportif peut développer 0,5 kWh par jour quand un litre d'essence correspond à 10 kWh... Non l'énergie n'est pas chère aujourd'hui !

6 commentaires:

  1. d’où l'idée de faire un chantier participatif pour diminuer l'équivalent esclave !

    Les gens qui pense que c'est pour le partage, les rencontres, l'apprentissage etc..., sont bien naïfs !

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  2. Adrien,

    Equivalents-esclaves qui par leur rythme et leur travail ont dû sérieusement augmenter la part de CO2 émise !

    Bonne journée à toi !

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  3. Plus sérieusement, si vous êtes dans le coin en fin de semaine il est possible que je passe vous voir et voir l'avancé du chantier.

    Départ pour le United Kingdom lundi prochain !

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  4. Tu viens quand tu veux avec tes nouveaux cheveux !
    A bientôt,

    Benoît

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  5. Merci pour ce retour d'expérience qui fait bien prendre conscience de l'ampleur de la tache !!
    Moi j'ai choisi de limiter la paille à la toiture pour limiter le temps de chantier

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  6. Merci pour ce retour d'expérience qui fait bien prendre conscience de l'ampleur de la tache !!
    Moi j'ai choisi de limiter la paille à la toiture pour limiter le temps de chantier

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